Ukulélé

Le ukulélé est un instrument à cordes pincées respectant les traditions des îles Hawaii, proche du cavaquinho portugais dont il est une adaptation.


Catégories :

Luth - Instrument à cordes - Instrument à cordes pincées - Instrument de la musique polynésienne - Musique hawaïenne - Instrument de la musique nord-américaine

Définitions :

  • Petit instrument hawaiien à cordes pincées, d'une forme comparable à un cavaquinho ou à une très petite guitare (source : fr.wiktionary)
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Hene, un morceau de Henry Kailimai (info)

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Un ukulélé hawaiien de la forme originelle, datant de la première moitié du XXe siècle.

Le ukulélé (prononciation ykylele ou, par transposition de la prononciation anglaise, jukulele) est un instrument à cordes pincées respectant les traditions des îles Hawaii, proche du cavaquinho portugais dont il est une adaptation.

Fréquemment bon marché ainsi qu'à la mode dans la première moitié du XXe siècle, ce petit instrument polyvalent composante indispensable d'un orchestre hawaiien fut rapidement adopté par divers courants musicaux - de la chanson populaire au jazz - quelquefois parce qu'il apportait une dimension humoristique ou exotique à un ensemble.

Le ukulélé est une adaptation de la braguinha ou machete de l'île de Madère qui est une des formes du cavaquinho portugais.

Si l'ukulélé n'est pas plus vieux que la fin du XIXe siècle, l'étymologie de son nom reste sujette à caution. Deux hypothèses sérieuses sont à retenir. L'hypothèse la plus fréquemment acceptée et la plus commune est la suivante : le mot ukulélé proviendrait de l'agrégation des mots hawaiiens «uku» (puce) et «lélé» (sauteuse), terme qui sert à désigner en hawaiien la puce du chat, espèce introduite à Hawaii légèrement plus tôt que l'ukulélé au XIXe siècle. On trouve des traces de cette étymologie vers la fin du XIXe siècle. [réf.  nécessaire] La seconde hypothèse sérieuse et dont il existe des traces précoces : ukulélé serait une déformation de l'agrégation de «uke» et «lele», termes qui désignent respectivement les actions de gratter et frapper - une description du mouvement du joueur d'ukulélé[1].

Histoire

Il fut amené à Hawaii par des immigrants portugais de l'île de Madère[2] en 1879, débarqués là pour cueillir la canne à sucre. L'arrivée du ukulélé est idéalement datable : il est avéré que c'est à bord du Ravenscrag[3] que la braguinha (ou machete, variante madérane de l'instrument) fut importée à Hawaii (à l'époque l'archipel était toujours nommé îles Sandwich). À bord du bateau se trouvaient les trois hommes que l'histoire a retenu comme responsables de l'introduction et de la transformation d'une certaine tradition de lutherie portugaise : il s'agissait de Manuel Nunes, José do Espírito Santo et Augusto Dias[4], trois ébénistes de Madère qui avaient des connaissances en lutherie et qui transportaient apparemment leurs cavaquinhos.

La théorie des trois vagues aux États-Unis

La vision américaine de l'histoire de l'instrument identifie fréquemment [5] trois grandes vagues de mode du ukulélé, toutes associées à un événement ou une personnalité spécifique, manifestant son apparition au-devant de la scène puis son éclipse temporaire. Le terme même de vague a été choisi en référence à la culture surf particulièrement associée au ukulélé dans les années 50 [6].

La première vague qui a donnée une très grande visibilité à l'instrument est associée à l'exposition internationale Panama Pacifique[7] de 1915, où le pavillon hawaiien mit en avant avec un énorme succès les musiciens hawaiiens, la guitare hawaiienne, le hula et bien entendu l'ukulélé. Le succès de l'instrument en fit le compagnon de scène de nombreux artistes (Cliff Edwards, Roy Smeck, etc... ) et un élément important, qui devint synonyme de la vie des jeunes gens de l'époque (cf. infra sa présence dans le cinéma). Il devient moindre avec la seconde guerre mondiale sans disparaître complètement des médias.

La seconde vague serait liée à l'invention du ukulélé en plastique (cf. infra, Mario Maccaferri et l'ukulélé) et en particulier sa promotion à la télévision par Arthur Godfrey. Indéniablement, le nombre d'ukulélés vendus à partir des années cinquante (près de neuf millions d'ukulélés en plastiques [8]) témoigne de la réalité de cette vague. La fin de cette vague et par conséquent l'éclipse suivante est généralement associée à Tiny Tim ainsi qu'aux années 70.

La troisième vague est plus délicate à caractériser et ne met pas l'ensemble des spécialistes d'accord. Cyril LeFebvre expose plusieurs sources depuis les années 80 de cette troisième vague assez inédite pas rapport aux deux précédentes, en résumé :

  1. De Hawaii en premier lieu, le sursaut culturel maori est associé à la musique, surtout au ukulélé ainsi qu'à la guitare slack key  ; on le retrouve chez Isræl Kamakawiwo'ole, de notoriété mondiale.
  2. Aux États-Unis, un mélange de mode nostalgique et de réactualisation de la culture tiki des années 80 et 90, l'explosion de festivals, remettent l'ukulélé au goût du jour.
  3. Au Japon, il existe sans rupture depuis avant la Deuxième Guerre mondiale [9] une culture du ukulélé, qui résonne aussi à la fin du XXe siècle avec le renouveau mondial de l'instrument.
  4. L'Angleterre a eu George Formby, qui a imposé durablement le banjo-ukulélé dans ce pays, même si dans la première décennie du XXIe siècle, c'est l'ukulélé respectant les traditions qui semble prédominer.

En France

La notion des trois vagues reste assez américano-centrée, en France, on pourrait voir quelques vaguelettes mais assez différentes. La première est d'une part le fait de musiciens hawaiiens exilés en France dès les années 10, d'autre part importée des Etats-Unis à la fin des années 20, la seconde serait la manifestation du ukulélé dans la culture polynésienne et son tamouré dans les années 50, la troisième vague des années 1990/2000 est d'une nature là aussi assez différente. Cependant ce modèle des trois vagues ne s'applique qu'assez artificiellement à la France. [10]

Au Canada

Depuis les années 70 surtout, et en Nouvelle-Écosse en particulier, l'ukulélé revêt une importance spécifique au Canada grâce au travail entamé alors par John Chalmers Doane et son magazine Ukulele Yes, mais aussi son action dans les écoles et dans la publication de fascicules musicaux conçus pour l'enseignement de la musique à travers l'ukulélé, en anglais mais également traduits en français.

Cette initiative est dans les années 2000 perpétuée par le musicien et pédagogue James Hill.

Lutherie

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un extrait d'ukulélé joué en picking (info)

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Les essences de bois utilisées pour l'ukulélé sont particulièrement variées. Les premiers ukulélés étaient entièrement fabriqués en bois de koa[11], une variété d'acacia hawaiienne. Le koa s'étant raréfié, les ukulélés modernes sont désormais souvent fabriqués avec des essences de bois utilisées en lutherie de guitare, essentiellement l'acajou, cependant à Hawaii les luthiers restent attachés à l'utilisation du koa.

Les années 1950 ont vu la naissance aux États-Unis d'un modèle particulièrement bon marché qui rencontra un succès énorme : le Islander (qui fut décliné en divers modèles sous différents noms). Cet ukulélé était remarquable à plus d'un titre : il a été vendu à plusieurs millions d'exemplaires, sa conception originale était particulièrement novatrice (il était entièrement réalisé en matière plastique), et enfin son créateur, Mario Maccaferri, est aussi célèbre pour avoir conçu quelques années jusque là la guitare Selmer-Maccaferri, fréquemment nommée guitare manouche.

Anatomie du ukulélé

Cordes

Le ukulélé possède quatre cordes à l'origine en boyaux de mouton (dits boyaux de chat) actuellement presque toujours remplacées par des cordes en nylon (quelquefois filées de métal pour les plus graves, à partir du Do et en dessous suivant les accordages) - le nylon (ou différents matériaux composites à base de nylon) permet d'avoir des cordes bien plus stables et résistantes, moins affectées par les variations de températures et d'humidité que les matériaux organiques. Il existe de rares modèles prévus pour des cordes en métal mais ils restent particulièrement anecdotiques et ne viennent généralement pas d'Hawaii.

Le cavaquinho actuellement utilise plus fréquemment des cordes métalliques (surtout dans ses variantes brésiliennes)  ; on doit peut-être aux premiers luthiers d'ukulélé (portugais originaires de Madère émigrés à Hawaii) la décision d'utiliser des cordes en boyaux de mouton (dits boyaux de chat) - ou bien leurs braguinhas utilisaient-elles déjà des cordes en boyau, les matériaux métalliques étant probablement plus rares sur l'île de Madère que sur le continent.

Tête

Chevilles en plastique
Clefs à friction

Dans le prolongement du manche, la tête, le mécanisme d'accordage. Les cordes sont accordées avec chevilles sur les modèles anciens, comme pour les violons, ou avec clefs mécaniques qui possèdent une vis de blocage sur le dessus de la clef pour les modèles plus récents. On rencontre aussi des ukulélés équipés de mécaniques identiques à celles de la guitare.

Elle peut être sculptée, ornée de marqueterie, porter le sigle du luthier ou du fabricant. À la jonction tête/touche on trouve le sillet de tête, qui est le plus souvent fabriqué en os ou dans un matériau plastique qui imite l'ivoire.

Manche et touche

La touche du ukulélé, lorsqu'il ne s'agit pas simplement de la surface plate du manche, est une mince pièce de bois collée sur cette surface (ébène, palissandre, noyer, etc. ). Elle peut se prolonger au-delà du manche sur la table d'harmonie. Les frettes (ou barrettes) sont généralement un alliage de nickel et d'argent. Les repères de touches, incrustations dans la touche, sont faites de nacre ou d'une matière plastique qui l'imite. Le manche lui-même est fait d'un bois de qualité rigide (acajou, érable, palissandre, etc. ). La partie incurvée du manche à la jonction manche/corps est nommée le talon.

Corps

La table d'harmonie est l'élément principal dans la sonorité de l'instrument. La taille du ukulélé étant réduite, il est important que la table d'harmonie (partie antérieure de la caisse) soit particulièrement fine pour bien transmettre les vibrations. Actuellement elle est fréquemment fabriquée en koa, épicéa, acajou ou noyer et toutes sortes d'essences courantes en lutherie pour les tables d'harmonie. L'épicéa est particulièrement habituel dans les modèles modernes - il sert à trouver une brillance et un éclat dans le son, mais s'éloigne du son rond du koa.

En termes de construction, les tables d'harmonie des ukulélés ne sont pas des modèles réduits de celles de la guitare. L'épaisseur de la table doit être réduite au minimum, et sur les modèles soprano en particulier, les barrages doivent être les plus légers envisageable - fréquemment limités à une barre perpendiculaire à l'axe des cordes, mais on trouve moins souvent des éventail ou des barrages croisés complexes - néenmoins le léger barrage doit permettre à la fine table d'harmonie de résister à la tension des cordes, son positionnement précis est par conséquent un point capital, qui influe autant sur la stabilité structurelle de l'instrument que sur ses propriétés acoustiques.

Si la table est en koa, la caisse (éclisses et dos) l'est le plus souvent aussi ; la caisse peut aussi être en acajou, ou alors en noyer, et généralement en n'importe quelle essence de bois utilisée pour la même partie en lutherie de guitare.

On trouve aussi certaines caisses en matière plastique, telle la célèbre caisse Ovation des modèles de Applause, ou la caisse moulée des ukulélés Flukes et Flea de la Magic Fluke Company.

Typologie des ukulélés

Si généralement l'ukulélé est comparable à une guitare réduite, d'autres formes sont courantes. À l'instar de nombreux instruments à cordes pincées, on trouve une grande variété dans les modèles électriques, mais pour l'ukulélé il existe aussi des variations importantes dans les modèles acoustiques, ainsi la forme d'ananas (pineapple) découverte autour des années 1920 par Samuel Kamaka est actuellement beaucoup répandue.

Tailles et catégories

Il existe quatre catégories d'ukulélés définies par leurs tailles : soprano, concert, ténor et baryton, de la plus petite à la plus grande. La taille originelle est le soprano - lorsque on parle d'ukulélé sans précision de taille c'est de celle-ci qu'il s'agit. Les tailles concert et ténor ont fait leur apparition aux États-Unis dans les années vingt, la taille baryton a été créée dans les années 1940 et a été plus diffusée dans les années 1950. Ces appellations sont à l'origine simplement commerciales - dans une logique musicale on s'attendrait à trouver un alto et non un concert entre le soprano et le ténor, mais ces désignations sont trompeuses car elles sont sans rapport avec les registres.

La taille prise en compte pour déterminer la catégorie du ukulélé avant celle de l'instrument en entier est celle de son diapason. Elles sont exprimées en pouces (inches), unité de mesure anglo-saxonne :

Cette classification a été calquée sur la classification de la marque Martin, dont les anciens ukulélés (Style O, Style 1 à 5) sont assez unanimement reconnus comme étant d'excellente facture, leur importante diffusion et leur succès commercial ont imposé ces dimensions comme le standard le plus souvent accepté.

Ukulélé hawaïen standard

En forme de guitare ou d'ananas (pineapple) et construit en bois, l'ukulélé hawaïen peut avoir des cordes doublées, il se nomme alors un taropatch ou taropatch fiddle. Le plus ancien atelier hawaïen d'ukulélés toujours en activité est Kamaka ukulele, fondé en 1916. En Polynésie, le nom Kamaka est fréquemment utilisé pour désigner l'ukulélé hawaïen, lorsque le mot ukulélé est utilisé pour désigner sa variante locale aussi nommée benjo (cf. infra).

Ukulélé à résonateur

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un morceau joué sur un ukulélé à résonateur (info)

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Ukulélé Beltona avec un dispositif de résonateur de type National

Les ukulélés à résonateur sont des ukulélés acoustiques possédant le dispositif d'augmentcation mécanique des instruments à résonateur. Un ou plusieurs cônes métalliques installés dans le corps de l'instrument supportent le chevalet qui transmet les vibrations, celles-ci sont ainsi augmentées ce qui produit un son puissant et assez caractéristique du dispositif : une attaque, un volume et une projection plus grands que sur un ukulélé classique mais une tenue plus importante et une plus grande richesse harmonique qu'un banjo ukulélé.

Ukulélé électrique

Modèle d'ukulélé électro-acoustique ne possédant qu'un embryon de tête et des clefs positionnées sur le côté du corps

Comme avec la guitare, il existe des ukulélés électroacoustiques, avec un capteur intégré, leurs formes sont variées. On trouve aussi des ukulélés complètement électriques avec cordes en métal, micros magnétiques, à demi-caisse ou corps massif. À l'instar des guitares électriques, une grande variété formelle est envisageable. Généralement un ukulélé acoustique peut être aisément équipé d'un capteur piézoélectrique.

Banjo ukulélé

Le banjo-ukulélé, aussi nommé banjulele ou banjolele, est un instrument qui entre généralement dans la catégorie des ukulélés. Le banjo-ukulélé a du banjo le tambour, la peau et le chevalet, le reste (taille du manche, cordes, etc. ) relevant du ukulélé. Il en existe de nombreuses tailles, l'excellence y étant incarnée par les anciens modèles Gibson du UB-1 (le plus petit fût) au UB-5 (le plus grand). On trouve aussi différentes variantes les banjo-ukulélés, au niveau du fût en premier lieu : les fûts de métal, et les fûts de bois (le bois remontant quelquefois autour du tambour comme dans les modèles respectant les traditions des Appalaches)  ; ensuite comme tout banjo ils peuvent être pourvus ou non d'un résonateur.

Les ukulélés de prédilection de George Formby étaient des banjo-ukulélés, même s'il jouait aussi sur des ukulélés respectant les traditions.

Ukulélé tahitien ou polynésien

Ukulélé polynésien sculpté

À Tahiti, l'ukulélé standard est assez répandu mais on le trouve aussi décliné de l'original hawaiien sous une forme spécifique, monoxyle, avec des aspects variés.

La bouche du ukulélé tahitien est couverte d'une mince plaque de bois qui porte le chevalet (comme la peau d'un banjo), son corps et son manche sont d'une seule pièce de bois ou de plusieurs pièces assemblées mais sans différence structurelle profonde entre le manche et le corps. Le corps est percé de part en part d'un trou conique évasé vers l'avant, bouché d'un côté par la plaque de bois sur laquelle repose le chevalet maintenu par la tension des cordes.

Ce corps et ce manche, fréquemment d'une seule pièce de bois, permettent une grande expression décorative dans les sculptures qui ornent l'ukulélé.

Si ses cordes (pour lesquelles du fil de pêche de couleur vive est souvent utilisé) sont fréquemment doublées ou triplées à l'unisson (ou à l'octave), elles ne le sont pas nécessairement toutes.

Ces différentes particularités font du ukulélé tahitien un instrument essentiellement rythmique.

Le ukulélé tahitien s'est diffusé sous diverses formes dans d'autres îles océaniennes, surtout en Nouvelle-Calédonie (où il est nommé yukulélé) ainsi qu'à Vanuatu (où il est aussi nommé yucca) [réf.  nécessaire].

Accordage et jeu

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Les cordes à vide du ukulélé accordé en Do de la quatrième à la première corde (info)

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On note les cordes de la première à la quatrième, la première corde est celle qui est la plus proche du sol en position de jeu.

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Les cordes à vide d'un ukulélé à résonateur accordé en Do de la quatrième à la première corde (info)

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L'accordage standard et classique du ukulélé est un do sixième : sol, do, mi, la de la quatrième corde vers la première corde (le do est accordé sur le do central du piano). Cet accordage est dit accordage en do ou C tuning chez les anglophones. C'est un accord de do sixième à l'état essentiel car habituellement la quatrième corde (de sol) est plus aiguë que la troisième corde (en do). Cet accordage est nommé «ré-entrant» (au sens d'entrer à nouveau, et non pour désigner la note ), ainsi les quatre cordes sont par conséquent à la quatrième octave.

Cet accordage en sixième est aussi rencontré en d'autres tonalités[réf.  nécessaire] :

Un autre accordage qui est aussi originaire d'Hawaii mais qui existait déjà sur les cavaquinhos avant l'apparition du ukulélé est l'accord en «Slack Key», sol do mi sol (où les deux sol sont à l'unisson ou à l'octave). [réf.  nécessaire]

gamme de Do majeur
degrés

Sur l'image ci-à-droite sont représentées les positions des degrés de la gamme de do majeur sur la touche d'un ukulélé accordé en do (cf. ci-dessus). Comme les autres instruments de la famille de la guitare occidentale, chaque frette augmente la note de la frette précédente (ou à vide) d'un demi-ton plus aigu.

Sur l'image ci-à-gauche sont représentés les degrés d'une gamme majeure sur une portion de la touche d'un ukulélé. Les degrés en rouge sont les plus graves, les degrés en bleu les plus aigus.

La position de jeu n'est pas comparable à celle qu'on emploie sur la guitare. En position debout, l'avant-bras droit maintient l'instrument devant la table d'harmonie, les cordes sont jouées légèrement en dessous de la jonction du manche et du corps (et non devant la bouche). En position assise, l'extrémité du corps est le plus fréquemment plaquée sur la partie antéro-interne de la cuisse droite, ou quelquefois sur la face antérieure de la cuisse gauche. En fingerpicking, certains joueurs se contentent uniquement du pouce, de l'index et du majeur, peut-être en appuyant l'auriculaire sur la table d'harmonie.

La plupart des techniques de guitare et de banjo peuvent être adaptées au ukulélé.

Notations musicales

Autour du ukulélé

Instruments à cordes pincées apparentés

S'il est environ indéniable que le cavaquinho portugais, et plus exactement sa variante de Madère est le prototype du ukulélé, on en trouve des cousins particulièrement proches de la même origine. Le timple des îles Canaries - ceci sans nul doute à cause de la proximité des îles Canaries et de Madère qui étaient sur les mêmes routes maritimes. Le timple possède fréquemment cinq cordes avec un accordage proche du ukulélé hawaiien - la troisième corde étant à l'octave comparé au ukulélé. Cependant les accordages ayant subi de nombreuses modifications et ayant été sujets à de nombreuses influences, il est délicat de s'appuyer sur eux pour déterminer des parentés, l'anatomie des instruments et l'histoire de leur apparition sont des éléments énormément plus probants. Étonnamment un autre instrument partageant peut-être en partie des origines communes avec l'ukulélé présente des différences assez importantes, c'est le kabossy malgache, lui aussi envisageablement influencé par les instruments apportés par des marins qui contournaient le continent africain en passant par les îles de la côte atlantique. En outre l'ukulélé peut être comparé ou confondu avec plusieurs autres instruments à cordes pincées d'Amérique du Sud : charango (surtout bolivien), cuatro (accordage identique mais non ré-entrant), tiple colombien, tres cubain... tous partagent comme point commun (outre d'être des cordes pincées) leur taille et leur encombrement réduits qui en font des instruments de voyage, propices à accompagner les marins et les grands voyageurs.

Le ukulélé au cinéma

Hollywood

Quatre films du cinéma des États-Unis sont spécifiquement emblématiques de l'image du ukulélé au cinéma :The Hollywood Revue of 1929 de , évidemment, 1929 présente Cliff Edwards alias Ukulele Ike qui introduit la chanson Singing in the Rain (paroles Arthur Freed, musique Nacio Herb Brown) en s'accompagnant d'un ukulélé, et chante aussi "Nobody but you", Blue Hawaii de 1961, où on voit Elvis Presley jouer sur un ukulélé ténor, Some like it hot (Certains l'aiment chaud) de 1959Marilyn Monrœ interprète surtout Running wild et Sons of the desert de 1933Oliver Hardy joue Honolulu Baby - mais si ces trois films sont spécifiquement emblématiques car les vedettes citées jouaient vraiment du ukulélé, ils ne sont que la partie émergée de l'iceberg en ce qui concerne l'ukulélé au cinéma. En effet l'ukulélé était si évocateur dès les années 1930 que sa seule image était quelquefois utilisée[réf.  nécessaire] : même s'il n'apparaît à aucun moment dans certains films, il orne néenmoins leurs affiches et leurs photos promotionnelles. Cliff Edwards est alors une grande vedette et s'accompagne dans de nombreux films musicaux de son instrument fétiche. En outre il arrive que l'ukulélé soit présent sur la pellicule, mais dépourvu de cordes et inexistant dans la bande son ! (par exemple dans le film muet Steamboat Bill Jr, -cadet d'eau douce en français- de Buster Keaton)

L'image du ukulélé servait à évoquer deux archétypes : en premier lieu bien entendu l'exotisme hawaiien, le cliché de la vahiné nonchalante et les relents d'exotisme - mais d'autre part, beaucoup adopté dans les milieux étudiants américains des années 1930, il faisait fréquemment partie de l'attirail visuel des films d'adolescents[réf.  nécessaire]. Woody Allen reprend le cliché en faisant jouer du ukulélé par Mia Farrow, dans une scène de La Rose pourpre du Caire (en réalité doublée par la banjoïste Cynthia Sayer).

George Formby et le Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, l'ukulélé a aussi une existence cinématographique d'importance tant il est associé à l'acteur et musicien George Formby. À l'apogée de sa carrière en 1939, il fut une des plus grandes vedettes britanniques de la Deuxième Guerre mondiale[13], et participa à des spectacles de soutien aux troupes (il fut surtout l'un des premiers artistes à se produire devant les troupes après le débarquement de Normandie) [14] ce qui grandit toujours sa renommée et contribua à la popularité du ukulélé au Royaume-Uni. George Formby jouait essentiellement du banjo-ukulélé[15], et c'est pourquoi cette forme de l'instrument est la plus commune au Royaume-Uni. [réf.  nécessaire]

Quelques noms célèbres

Parmi les joueurs d'ukulélé qui ont participé à la renommée de l'instrument, on peut citer Cliff Edwards (États-Unis d'Amérique), George Formby (Royaume-Uni), George Harrison (Royaume-Uni), Isræl Kamakawiwo'ole (Hawaii), Roy Smeck (États-Unis d'Amérique), Tiny Tim (États-Unis d'Amérique), Gabby Pahinui, Ledward Kaapana, etc. En France, hormis la chanson de Louis Gasté Avec son Ukulélé, l'Ukulélé Club de Paris (avec ses membres fondateurs Cyril LeFebvre, Joseph Racaille, Bradney Scott, auxquels se sont ensuite associés Tony Truant, Pierre Sangra, Dominique Cravic, et Fay Lovsky) a eu une grande influence - nombres d'artistes de la fin des années 90 aux années 2000 ont aussi adopté l'ukulélé.

Très beaucoup utilisé aux États-Unis, il fut le premier instrument sur lequel nombre de musiciens américains ou anglais découvrirent la musique - Dick Dale, Jimi Hendrix, Artie Shaw, Neil Young, Brian May

voir Catégorie :Joueur de Ukulélé

Bibliographie

Sources sur internet

Notes

  1. voir à ce sujet l'article de John King et Jim Tranquada A new history of the Origins and Development of the `Ukulele, 1838-1915, in The Hawaiian Journal of History volume 37/2003, cf. la bibliographie.
  2. L'émigration de Madère était conditionnée par des famines, des crises économiques et sanitaires successives : destruction des pommes de terre en 1846-1847, destruction des vignes (grande ressource de l'île) par un parasite en 1852, choléra en 1856, phylloxera en 1872
  3. Le Ravenscrag était un navire britannique qui arriva à Hawaii le 25 août 1879 après un voyage de cent vingt-trois jours depuis Madère, il transportait quatre cent vingt-huit immigrants portugais.
  4. Augusto Dias aurait dû partir de Madère en 1878 à bord du Priscilla, soit un an plus tôt, mais aussi l'indique son petit-fils l'historien Jim Tranquada dans son article Ukulele Occasional #1, mais son voyage fut retardé à cause de la grossesse de sa compagne.
  5. voir chez Beloff surtout.
  6. John King
  7. en :Panama-Pacific International Exposition (1915)
  8. Beloff
  9. Beloff
  10. LeFebvre
  11. quelquefois écrit kou dans d'anciens documents.
  12. toujours que la capacité acoustique d'un ukulélé de taille soprano à supporter une corde de sol plus grave que la corde de do soit quelquefois discutée
  13. By 1939, George Formby was the most popular and highest paid entertainer in the British Isles and was estimated to be earning over £100, 000 a year. [1]
  14. He continued to entertain throughout the war as part of ENSA throughout Europe and the Middle East and was one of the first entertainers into Normandy after the invasion id.
  15. He was well known for playing the Banjo Ukulele, a hybrid instrument combining the Hawaiian ukulele and the big American Banjo, which had been invented by Alvin D. Keech and christened by him as the'Banjulele', id.

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"Instrument: Ukulele"

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