Mandoline
La mandoline est un instrument de musique à cordes pincées originaire d'Italie. C'est un petit luth à manche court répandu tout autant dans la musique classique que populaire ou respectant les traditions, surtout dans les pays méditerranéens,...
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La mandoline est un instrument de musique à cordes pincées originaire d'Italie. C'est un petit luth à manche court répandu tout autant dans la musique classique que populaire ou respectant les traditions, surtout dans les pays méditerranéens, mais c'est la chanson napolitaine qui lui a donné ses lettres de noblesse.
Lutherie
Longue de 70 à 75 cm, la mandoline comporte une caisse de résonance bombée en lamellé-collé, une table d'harmonie avec une grande ouïe centrale ovale, un manche court, étroit et pourvu de frettes, se terminant par un chevillier qui permet de accrocher les cordes.
On peut distinguer deux grands types de mandolines :
- la mandoline milanaise ou mandurina, à six cordes doubles — le plus fréquemment en boyau, jouées avec les doigts, ou en acier, jouées avec un plectre — accordées à l'unisson comme suit : sol2, si2, mi3, la3, ré4, sol4. L'instrument actuel s'accorde cependant fréquemment comme la guitare. Elle dérive directement des instruments nommés quintern par Sebastian Virdung dans son Musica getutscht (1511) et pandurina par Michæl Prætorius dans son Syntagma musicum (1619). Sa caisse de résonance est en forme d'amande, son dos bombé se compose de côtes en bois dur, et sa table d'harmonie comporte une ouïe circulaire.
- la mandoline napolitaine ou mandolino est apparue dès le XVe siècle, comme l'attestent quelques documents iconographiques. La première source écrite mentionnant cet instrument, due à Francesco Redi, date de 1685. Selon Richard Campbell, il existerait toujours 3 exemplaires de mandoline napolitaine, datant respectivement de 1609, 1655 et 1660.
Actuellement la mandoline la plus commune, sa caisse adopte la forme d'une larme, et son dos est aussi bombé, comme celui du luth. Elle s'éloigne cependant de ce dernier, surtout par sa table d'harmonie percée d'une ouïe ovale — à côté de laquelle est incrustée une plaque d'écaille ou de bois dur évitant ainsi à l'instrument d'être endommagé par les coups de plectre — et par son dos toujours plus bombé. Elle est pourvue de quatre cordes doubles en acier accordées en quintes (comme le violon) : soit sol, ré, l'et mi (G D A E), du grave vers l'aigu.
À partir du XVIIIe siècle, les mandolines forment une famille d'instruments comportant, de l'aigu vers le grave :
- la soprano,
- l'alto (accordé do, sol, ré, la du grave vers l'aigu),
- le ténor (mandole, accordé une octave au-dessous de la soprano),
- la basse ou le mandoloncelle (accordé comme un violoncelle, à l'octave grave de l'alto) mais aussi le mandolone (contrebasse, aussi nommée archimandola), fréquemment pourvu de 7 ou 8 cordes doubles — sauf la chanterelle, simple — accordées fa (ou sol), la, ré, sol, si, mi, la.
Pour les anglo-saxons, la mandole (mandola) correspond à notre alto (C G D A). L'instrument accordé une octave au-dessous de la mandoline (G D A E) est le plus souvent appelé, en toute logique, octave mandolin, mais également quelquefois octave mandola, ce qui prête à confusion ! Mandoloncelle se traduit par mandocello. La mandobass ne possède que quatre cordes accordées en quartes (E A D G). Rien ne la distingue par conséquent principalement d'une basse acoustique, si ce n'est qu'elle est le plus souvent jouée debout, à la manière d'une contrebasse.
D'autre part, d'autres types, plus régionaux, de mandoline se sont développés :
- la mandoline génoise dérive directement de la mandoline milanaise dont elle ne se distingue que par son manche plus étroit et par ses cordes simples, au nombre de 5 ou 6 ;
- la mandoline florentine au corps plus petit mais au manche plus long que la mandoline napolitaine, peut comporter soit 5 doubles cordes (ré, sol, do, mi, la, du grave vers l'aigu), soit 4 cordes simples (accord actuel, comme le violon).
D'autres types de mandolines sont apparues au fil du temps, telles :
- la mandoline bluegrass, qui, à part ses quatre doubles cordes, n'a plus grand-chose en commun avec la mandoline baroque, grâce au travail qu'effectua Orville Gibson dès 1898. La nouvelle mandoline présente un dos un peu arqué (plus du tout bombé), une table d'harmonie aussi arquée à la forme différente (forme de poire puis asymétrique), des ouïes en forme de f remplaçant la rosace, un manche légèrement plus long, un chevalet réglable, etc.
- le banjoline, dans lequel la caisse de résonance en bois fait place à celle d'un banjo, c'est-à-dire pourvue d'une peau tendue.
- la mandoline irlandaise, qui adopte presque l'ensemble des caractéristiques de la mandoline napolitaine sauf en ce qui concerne son fond, plat, son manche, légèrement plus large, et sa taille (un peu plus grande) ; les deux luthiers les plus connus sont le Dublinois Jœ Foley, et Stephan Sobell, installé en Angleterre.
- la bandolim brésilienne se reconnaît à sa table d'harmonie quasiment circulaire, percée d'une rosace. Son fond est plat.
D'autre part, un certain nombre d'instruments hybrides ont vu le jour :
- la mandoline sicilienne à 5 ou alors 6 chœurs (10 ou alors 12 cordes) ; la mandoline à quatre chœurs de trois cordes est typiquement utilisée du début à la fin du XIXe siècle pour l'accompagnement d'œuvres vocales.
- la mandoline électrique (pas de caisse de résonance mais des micros).
- plusieurs luthiers contemporains produisent des mandolines dont le corps adopte des formes de plus en plus éloignées de celle des mandolines baroques ou irlandaises. On peut noter les créations d'André Sakellaridès, luthier à Marseille, qui a créé une famille de mandolines modernes, à fond plat, asymétriques.
Enfin, elle a été adoptée au début du XXe siècle dans la musique arabo-andalouse algérienne, pour l'interprétation de la nouba et de Chaâbi Algérois, sous le nom de snitra. La mandole algérienne qui en est dérivée a elle un long manche et une caisse plate.
Jeu
Tenu entre le pouce et l'index (ou l'index plus le majeur), le plectre — fréquemment nommé "médiator" en France — est l'objet avec lequel on pince les cordes de la mandoline en jouant des tremolos typiques. Il a été fabriqué dans différentes matières au cours des siècles : os, plume, ivoire, écaille... Sa forme évolue avec la matière utilisée pour les cordes mais aussi les modifications de la forme de l'instrument :
- En musique baroque, la "plume" (corbeau ou autruche) est utilisée avec les cordes en boyau dont les graves sont filées d'un brin de soie.
- Le plectre de forme ovoïde, en tortue ou en ivoire est utilisée dès la naissance des cordes métalliques (on utilisait alors des cordes de clavecin quelquefois vrillées pour les graves).
- Le plectre en os, en ivoire ou en pierre polie, plus rigide, est une invention américaine[réf. nécessaire] (et ne fait en aucun cas partie de la tradition italienne) pour la mandoline napolitaine ; sa forme devient alors moins allongée et l'extrémité moins pointue.
Le répertoire
Les premiers exemples connus de pièces musicales pour mandoline remontent aux environs de 1700 ; disposés en tablature (et non comme une partition), écrits pour la mandoline milanaise, ils sont dus à Francesco Contini (Sonate al mandolino solo) et Filippo Sauli (un manuscrit entier, conservé dans une bibliothèque tchèque). Selon Richard Campbell, Fétis prétendit d'autre part qu'un certain Johann Strohbach aurait composé des concertos pour mandoline avant 1700. Par la suite, bon nombre de compositeurs — en particulier des Italiens — composèrent des pièces pour mandoline dans le courant du XVIIIe siècle.
Les premières méthodes datent respectivement de 1768 (Méthode pour apprendre à jouer de la mandoline sans maître de Pierre ou Pietro Denis), 1770 (Fouchetti, qui publia à Paris sa Méthode pour apprendre aisément à jouer de la mandoline à 4 ainsi qu'à 6 cordes) et 1772 (Michel Corrette) pour la France, et 1805 (Anweisung, die Mandoline von selbst zu erlernen, publiée à Leipzig par Bortolazzi) pour l'Allemagne ; deux autres méthodes, en anglais et en français, furent publiées avant 1805. Si ces méthodes ont été rédigées, à deux exceptions, par des Italiens, aucune méthode de mandoline n'a été retrouvée en Italie avant le début du XIXe siècle.
Le répertoire instrumental original — sans tenir compte des nombreuses transcriptions et autres arrangements — pour mandoline ne se distingue ni en quantité ni en qualité, car il ne contient aucune réelle grande œuvre due à un compositeur de tout premier plan.
En effet, à part 6 pages intéressantes, à savoir les deux inévitables concertos de Vivaldi (pour une mandoline, cordes & basse continue en ut majeur, RV 425 ; pour 2 mandolines, cordes & basse continue, en sol majeur, RV 532) et 4 petites pièces de Beethoven datant de 1796 (Sonatine WoO 43a ; Adagio ma non troppo WoO 43b ; Sonatine WoO 44a ; Andante con Variazioni WoO 44b), la mandoline a été ignorée de l'ensemble des grands compositeurs.
Elle est particulièrement vite devenue un instrument populaire car sa facilité de jeu l'emportait sur le luth, de même que son coût.
La mandoline fut introduite dans l'orchestre symphonique au début du XXe siècle siècle par Mahler (7e et 8e Symphonies), Schœnberg (Variations op. 31), Stravinski (Agon), etc.
La mandoline a aussi fait son apparition à l'opéra dès le début du XVIIIe siècle, dans La conquista delle Spagne di Scipione Africano il giovane (1707) de Bononcini, puis dans plusieurs autres œuvres lyriques (de Naumann, Arne, Grétry, Mozart, …), et dans un oratorio de Hændel en 1748.
Il a ensuite fallu attendre la fin du XIXe siècle pour que l'opéra s'intéresse à nouveau à la mandoline, grâce à Verdi (Otello, 1887 et Falstaff, 1893), Pfitzner (Palestrina, 1912-15), Henze (König Hirsch, 1956), etc. Des compositeurs comme Schœnberg, Petrassi et Manoury ont aussi utilisé la mandoline en musique de chambre.
Les mandolinistes
Bibliographie
- Wölki, K., Die Geschichte der Mandoline, Berlin, 1939, rev. 2/1974
- Tyler, J. & Sparks, P., The Early Mandolin, Oxford University Press, 1992, 0-19-816302-9
- Sparks, P., The Classical mandolin, Oxford University Press, 1995, (ISBN 0-19-816295-2)
- Sparks, Paul, An introduction to the eighteenth Century Repertoire of the Neapolitan Mandoline, Plucked String, 1999, (ISBN 0-9614120-5-4)
- Ranieri, Silvio, La Mandoline, Encyclopédie de la musique et dictionnaire de conservatoire, Delagrave, cop. 1925.
- Troughton, John, The Mandolin Manual "The art, craft and science of the Mandolin and Mandola", The Crowood Press, 2002, (ISBN 978-1-86126-496-1)
Mémoire Universitaire non publié :
- Buisson, Cédric, L'Estudiantina de Roanne Contribution à l'étude des orchestres à plectre, mémoire de maîtrise, 2003.
- Zernecke, Ariane, Die Mandoline in der DDR - eine Bestandsaufahme, 2002. (Lien pdf)
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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 14/12/2010.
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