Guitare basse

La guitare basse est un instrument de musique à cordes augmenté conçu selon le même principe que la guitare électrique. Depuis les années 1950, la guitare basse a remplacé la contrebasse dans la majorité des musiques populaires comme le rock et la pop.


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Basse

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Guitare Basse
Une basse Fender Mustang, au diapason court.
Une basse Fender Mustang, au diapason court.

Variantes historiques Contrebasse
Classification Instrument à cordes
Instrumentistes célèbres Bassiste

La guitare basse (simplement nommée basse) est un instrument de musique à cordes augmenté conçu selon le même principe que la guitare électrique. Depuis les années 1950, la guitare basse a remplacé la contrebasse dans la majorité des musiques populaires comme le rock et la pop. Depuis les années 1970, la guitare basse est régulièrement utilisée comme instrument soliste, surtout dans le jazz-fusion.

Accord de la basse à quatre cordes : Mi, La, Ré, Sol (E, A, D, G en notation anglo-saxonne)

Une basse possède le plus souvent 4 cordes, mais peut aussi en avoir 5 ou plus (on parle alors d'ERB, Extended-Range Basses). L'instrument est constitué d'un manche et d'un corps en bois plein (solid body) ou creux (semi-hollow body) comprenant un ou plusieurs micros, potentiomètres et un chevalet, comme sur la guitare électrique.

Le manche est le plus souvent d'un diapason de 34 pouces (86.34 centimètres), mais quelquefois plus long ou plus court. Certaines basses avec un plus petit diapason (30 pouces ou 76.2 cm) sont nommées short scales. Ce manche supporte des frettes (qui délimitent les notes, comme sur la guitare). La méthode de fixation du manche (vissé, collé ou traversant le corps) et le type de bois utilisé pour la lutherie influent sur la sonorité.

La guitare basse est le plus souvent accordée une octave plus grave qu'une guitare, et de la même manière qu'une contrebasse, c'est-à-dire en quartes. Les fréquences sont les suivantes quand la note de référence est le La 440 Hz :

  1. Mi (ou E)  ; (41.203 Hz)
  2. La (ou A)  ; (55.000 Hz)
  3. Ré (ou D)  ; (73.416 Hz)
  4. Sol (ou G)  ; (97.998 Hz)

L'accord de la basse à cinq cordes est le plus souvent Si, Mi, La, Ré, Sol (BEADG ; ajout d'une corde grave) ou bien, moins souvent, Mi, La, Ré, Sol, Do (EADGC ; ajout d'une corde aiguë). Les basses à six cordes sont accordées en Si, Mi, La, Ré, Sol, Do (BEADGC ; ajout d'une corde grave et d'une corde aigüe), en quartes. Les basses à 8 cordes possèdent le plus souvent 4 chœurs (paires de cordes accordées à l'octave), et les rares modèles à 12 cordes ont soit 6 chœurs, soit 4 groupes de 3 cordes formant chacun un accord de quinte (dans ce dernier cas, la corde la plus aiguë du chœur est comparable à une corde de guitare).

Histoire

Cet instrument fut conçu, tout comme la guitare électrique, pour pallier le manque de puissance des instruments acoustiques exigés dans la musique country et rock'n'roll, ainsi qu'au problème de l'encombrement de la contrebasse. Il fait partie des rares instruments destinés dès l'origine à être augmentés, et dont des versions acoustiques ne sont apparues que ensuite.

Prototypes

En 1933, l'inventeur américain Paul Tutmarc crée une première basse électrique ayant la forme et la taille d'un violoncelle au corps plein[1]. Insatisfait par la taille de l'instrument, il en produit une deuxième inspirée des guitares électriques, frettée et conçue pour être utilisée à l'horizontale. En 1935, Audiovox, le catalogue commercial de la société de Tutmarc propose le «Model #736 Electric Bass Fiddle» [2], à quatre cordes, le corps plein et un manche fretté d'une longueur de 77, 5 cm. De par son design proche de celui d'une guitare, l'instrument était plus simple à tenir et l'apposition de frettes sur le manche rendait la basse plus accessible, en facilitant le jeu juste. Cependant, le modèle développé par Tutmarc ne rencontra pas d'engouement spécifique et le concept de basse électrique est abandonné jusqu'aux années 1950.

À la même époque, les fabricants de guitares Gibson et Rickenbacker s'intéressèrent au développement d'une contrebasse électrique, sans que l'idée n'aboutisse.

Fender

En 1951, Léo Fender sort la première basse électrique commercialisée, la Precision Bass. Le terme «précision» insiste sur la présence de frettes, facilitant la justesse des notes comparé à la contrebasse. Sa particularité est d'avoir un seul micro centré entre le départ du manche et le chevalet, ce qui donne un son grave, légèrement mou et bien rond. La Precision Bass est devenu un modèle «standard» dans la musique populaire, particulièrement utilisé en soul music et a fréquemment été copiée par les autres compagnies. La première utilisée en Europe fut celle de Jet Harris, premier bassiste du groupe The Shadows. James Jamerson, bassiste particulièrement connu de la Motown, en était l'un des meilleurs instrumentistes. Rocco Prestia, actuel bassiste américain de soul/funk des plus célèbres, joue exclusivement sur Precision, avec un groove particulièrement spécifique. Sid Vicious (Bassiste des Sex Pistols) lui même utilisait la Précision.

En 1960 sort le nouveau modèle de Fender, la Jazz Bass, qui a deux micros «simple bobinage», un manche plus mince que la Precision, et une forme différente. Sa particularité concerne le fait d'avoir deux micros, l'un près du chevalet qui donne un son médium particulièrement précis et assez dur avec énormément d'attaque et l'autre près du départ du manche et qui donne un son particulièrement grave et moins précis. A l'instar de la Stratocaster, cette basse offre une palette de son nettement plus large, surtout en plaçant les deux micros en phase ou en opposition de phase et en utilisant la technique du slap (ou slapping). Elle a été plus utilisée par les basses virtuoses, de jazz-rock ou de funk-jazz. Tina Weymouth, Marcus Miller, Kim Clarke, Tal Wilkenfeld et en particulier Jaco Pastorius qui jouait sur une JazzBass fretless avec un toucher particulièrement spécifique, en ont été de célèbres utilisateurs.

Pour fluctuer la gamme sonore sans le besoin de changer d'instrument durant les morceaux, la Precision Bass fut ensuite pourvue d'un second micro positionné près du chevalet (habituellement un micro simple bobinage de type Jazz Bass ou un pavé «humbucker» double bobinage ou un second micro «split-coil» Precision Bass), quelquefois même d'un manche Jazz Bass au profil aminci. Cette option fut valable vers le milieu des années 1960 et fut particulièrement populaire au début des années 1980.

Gibson

L'année suivante Gibson Guitar Corporation (qui se spécialise plutôt dans la guitare électrique) crée la Gibson electric bass puis Höfner en 1956 sort la 500/1 en forme de violon, popularisée par Paul McCartney. En 1959 et 1961, Gibson a créé le EB-0 et le EB-3, équipées de micros du style «humbucker».

Rickenbacker

Rickenbacker 4001JG

En 1957, Rickenbacker se lance dans la production de basses électriques avec la série des 4000. Ces instruments présentent la particularité d'avoir un manche traversant le corps, produisant ainsi une sonorité différentive associée à ce fabricant.

La Rickenbacker 4001, emblématique du rock progressif et du heavy metal des années 1970, sort en 1961. Cette basse à l'esthétique spécifique et au son puissant et clair marquera l'histoire du rock grâce à des musiciens tels que Paul McCartney des Beatles, Lemmy de Motörhead, Cliff Burton premier bassiste de Metallica, Chris Squire du groupe Yes ou encore Roger Glover du groupe Deep Purple, Roger Waters de Pink Floyd et Geddy Lee du trio canadien Rush. Rickenbaker sort surtout une version stéréo (4001 stéréo) qui sert à brancher les deux micros sur deux amplis séparément en offrant ainsi des possibilités de réglages particulièrement précis.

Du milieu des années 1970 jusqu'au milieu des années 1980, Rickenbacker produira aussi la série 3000, basses bas de gamme de conception plus classique (à manche vissé) ne présentant pas les sonorités marquées de la série 4000.

Autres fabricants

Depuis, cet instrument a évolué et de nombreux modèles se partagent le marché. Quelques marques sont présentes aux côtés de Fender et Gibson, comme Danelectro, ESP Guitars, Ibanez, et Music Man Instruments (la nouvelle marque de Léo Fender qui produit la basse StingRay, Bc Rich (Offrant plutôt des basses de styles métal), ESP (fabriquant Japonais offrant des basses de style Métal et Gothic a son particulièrement grave).

Années 1970 : basses artisanales

En 1971, Alembic, marque de prédilection de Stanley Clarke, a conçu les basses du style «boutique» (en anglais) ou «high end», avec des formes spéciales, en bois taillé et fini à la main, des préamplificateurs et égaliseurs actifs dans l'instrument et des techniques de construction innovatrices, comme l'emploi de manches en bois multi-plis traversant le corps ou de manches en graphite. Alembic et le luthier Ken Smith ont produit les premières basses à cinq cordes vers 1975, suivies des premiers modèles de basse à six cordes 10 ans plus tard.

On citera par exemple le fabricant français Vigier qui créa des modèles de très bonne facture, légers et souples et fréquemment équipés de micros Benedetti, dont le manche est presque toujours renforcé avec du graphite. mais aussi Warwick dont le look arrondi, le bois apparent et le son agréable firent de nombreux émules. De nombreux luthiers produisent des basses artisanalement, comme les Français Christian Noguera et Christophe Leduc.

Années 1980 : Autres innovations

Les innovations furent introduites par designs Ned Steinberger, qui a créé une basse «headless», les basses de graphite et le «Trans-Trem tremolo bar». En 1987, le Guild Guitar Corporation a créé la basse fretless Ashbory, un instrument particulièrement petit avec les cordes en caoutchouc-silicone rubber qui reproduisaient le son d'une contrebasse. Lors des années 1980 et 1990, des basses à cinq ou même six cordes ont été mises sur le marché ; ces instruments sont fréquemment utilisés pour les styles latin, jazz, funk essentiellement, et quelquefois dans le metal.

Techniques de jeu

Les doigts

Cette technique ressemble à la technique de "buter" de la guitare classique, mais avec une position plus verticale de la main droite, le pouce reposant fréquemment sur un micro. Elle donne un son velouté et précis dans la puissance des notes. Jaco Pastorius ou bien toujours Steve Harris donnent un très bon exemple des possibilités qu'offre l'instrument utilisé de cette manière. On joue le plus fréquemment en alternance de plusieurs doigts (l'index et le majeur, le plus fréquemment).

Le médiator

Aussi nommé plectre, flat pick, il est le plus souvent en plastique (peut être aussi en bois, en feutre épais, en os, en pierre ou en métal), ce petit triangle permet de frotter les cordes pour davantage d'attaque dans le toucher et dans le son. Cette technique est fréquemment utilisée pour le rock, et fréquemment dans le metal, style demandant une extrême rapidité.

Le slap

La Music Man Stingray, en particulier appréciée des slappeurs

Les origines du slap proviennent d'avant l'invention de la basse électrique car, les contrebassistes de jazz faisaient quelquefois «claquer» leur cordes mais, cela restait anecdotique. Cette technique a été popularisée par Larry Graham puis par Stanley Clarke et Louis Johnson. Cette technique regroupe deux «sous-techniques» : le "slap" («noté "s" sur une tablature, ou encore T, de l'anglais «thumb» qui veut dire «pouce» en français) et le "pop" (noté p sur une tablature). Le "slap" consiste à frapper d'un coup sec et rapide les cordes graves de la basse (Mi et La généralement, mais quelquefois utilisé sur la corde de Ré) avec la seconde phalange du pouce. Le pop, utilisé pour cordes aiguës (Ré et Sol), consiste à tirer puis relâcher rapidement la corde pour la faire claquer contre le manche.
Le slap est particulièrement utilisé dans la musique funk, dans le jazz-rock et quelquefois même dans le heavy metal, parce qu'il donne une assise rythmique percussive et énormément de puissance. Victor Wooten, Alain Caron et Marcus Miller font partie des virtuoses de cette technique. Il existe de nombreuses techniques dérivées de celle-ci, comme le pouce aller-retour ou le flamenco slap. Le slap est utilisé par des bassistes dans des styles divers comme Flea (des Red Hot Chili Peppers), Les Claypool (du groupe Primus) ou Fieldy (KoRn).

Le tapping

Le tapping consiste à taper la corde avec le bout des doigts de la main droite (ou de la main gauche dans le cas d'un gaucher) dans une case pour émettre un son. Cette technique, particulièrement répandue pour la guitare électrique, permet un jeu «pianistique» d'une ou deux mains. Parmi les bassistes qui utilisent cette technique on peut citer Stuart Hamm, John Entwistle, Billy Sheehan, John Myung, Victor Wooten, Michæl Manring, Roscœ Beck et Les Claypool. Il existe essentiellement deux techniques de tapping : l'une, lente et plutôt atmosphérique, facilite le jeu en accord et l'utilisation de la totalité des 8 doigts, et sa difficulté réside dans l'écart des doigts et dans la régularité. Le deuxième, en particulier utilisée en metal, demande une grande dextérité, et adjoint au tapping de la main droite la technique des Trill à la main gauche (ou encore Pull-Off ou Hammer-On), s'inspirant du guitariste Van Halen. Cette technique se limite fréquemment à une corde (de prédilection la plus aiguë).

Le step

Cette technique utilise la basse plus comme un instrument percussif. Le jeu est constitué de figures rythmiques effectués par claqués alternatif des deux mains sur les cordes. Le slap est une forme de step.

Hammer-On

Jouer une note avec uniquement la main gauche en mettant un doigt. Ex : on fait vibrer la corde case 5 puis on ajoute un doigt case 7 ; cela se note «5H7» sur une tablature.

Pull-Off

C'est aussi jouer une note avec uniquement la main gauche, sauf qu'on enlève un doigt. Ex : on fait vibrer la note case 7 puis on enlève son doigt pour faire sonner la case 5 : cela se note «7PO5» ou bien «7P

Trill

Suite de Hammer/Pull-off. Ex : «6PO5H7» ou même «5H7PO6H

Harmoniques

Utilisées, surtout, par Jaco Pastorius. Il s'agit de faire sonner une note sans appuyer la corde sur le manche. C'est une note pure. Il suffit juste de poser un doigt de la main gauche (pour les droitiers) sur la corde et la faire sonner avec la main droite. Cela fonctionne plus simplement sur les frettes no 4;5;7;9;12;15;17;etc. Il y a possibilité d'en faire sonner n'importe où sur les cordes, mais ceci requiert une technique bien précise.

Harmoniques artificielles

En appuyant sur une case il est envisageable de produire deux notes différentes : la note «pure» et son harmonique. Pour produire cette harmonique tout en appuyant sur la case, il suffit d'un peu effleurer la corde (sans l'étouffer) avec le pouce ou la tranche de la main immédiatement après avoir attaqué la note (voire en même temps). L'ou cette technique est la plus efficace est sur les cordes de Ré et Sol en jouant en tiré. Elle est assez complexe à mettre en place, du fait de la grande précision requise.

Évolutions de l'instrument

Une basse électro-acoustique
Basse fretless
Amplificateur Warwick Sweet 15

Amplificateurs et effets

Amplificateurs

Les bassistes utilisent des amplificateurs du style «combo» (qui rassemblent préamplificateur, amplificateur et un ou plusieurs haut-parleurs dans un même «cabinet») ou, pour les grandes scènes le plus fréquemment, des têtes d'ampli (combinant préamplificateur et amplificateur associées à des haut-parleurs dans des cabinets scindés). Selon le son recherché, les technologies d'augmentcation à lampes ou à transistors sont utilisées.

Les amplificateurs pour basse sont différents des amplificateurs pour guitare car ils ne sont pas conçus pour supporter les mêmes plages de fréquences. Les seuls amplificateurs pouvant servir à la fois pour guitare et basse sont ceux qui sont utilisés avec les synthétiseurs ou les orgues électriques. Cependant leur qualité sonore, avec un instrument à cordes, est inférieure à celle d'un amplificateur spécialisé.

Effets électroniques

Les bassistes utilisent généralement moins d'effets électroniques que les guitaristes électriques. Cependant certains types d'effets sont fréquemment utilisés. Énormément de bassistes se servent de préamplificateurs ou égaliseurs pour créer leur son. Il existe aussi des effets qui évitent les pics et les chutes de volume sonore, les compresseurs ou limiteurs. Ils sont utilisés sur l'immense majorité des enregistrements en studio ; ils sont aussi utilisés souvent par les bassistes qui pratiquent le slap (comme dans la musique funk). Les bassistes de metal aussi des bassistes de rock plus moderne (Christopher Wolstenholme de Muse, Tim Commerford de Rage Against The Machine, Flea des Red Hot Chili Peppers) utilisent des saturations (overdrive, distorsion ou encore fuzz). Les bassistes funk utilisent les filtres d'enveloppe (mêlant wah-wah et saturation). Les bassistes qui jouent des solos, comme les musiciens jazz fusion utilisent quelques fois une réverbération, des delays ou bien des chorus. Les bassistes utilisent aussi des octavers (ajoutant au son d'origine son double à l'octave supérieure ou inférieure), pour renforcer leur son.

Quelques bassistes célèbres

Article détaillé : Liste de bassistes célèbres.

Notes

Voir aussi

Liens externes


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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 14/12/2010.
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