Design

Le design est une discipline visant à représenter concrètement, une pensée, un concept ou une intention en tenant compte peut-être d'une ou des contraintes fonctionnelles, structurelles, esthétiques, didactiques, symboliques, techniques et productives.


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Le design est une discipline visant à représenter concrètement, une pensée, un concept ou une intention en tenant compte peut-être d'une ou des contraintes fonctionnelles, structurelles, esthétiques, didactiques, symboliques, techniques et productives. Ces représentations peuvent être tangibles ou virtuelles et s'inscrivent plutôt dans un contexte social, économique, culturel.

radio, Design Zanuso-Sapper. 1964-1970
tabouret Mezzadro, 1957, Achille Castiglioni.

Étymologie et évolution

À la Renaissance, disegno (en italien) fait partie des concepts majeurs de la théorie de l'art. Il veut dire à la fois dessin et projet. Au XVIIe siècle en France, les théoriciens de l'art le traduisent par dessein et conservent le double sens (l'idée et sa représentation).

En 1712, Shaftesbury introduit dans la théorie anglaise de l'art[1] le concept de design fidèle au sens de disegno. Ainsi, nous avons drawing pour le dessin comme tracé et design signifiant l'idée et sa représentation, le projet et son graphisme.

Néanmoins, ce double sens de design va se disjoindre rapidement pour suivre les théories de l'art dominantes de l'époque. Car c'est en 1750 en France que la distinction apparaît pour donner deux champs sémantiques différents, celui du dessin (la pratique) et du dessein (l'idée) marquant une rupture principale qui n'est pas sans rappeler la dualité matière/esprit de Descartes. À l'Académie royale de peinture et de sculpture, on enseigne désormais les arts du dessin et non plus du dessein.

C'est uniquement au début du XXe siècle, alors en plein essor de l'industrialisation, qu'on assiste à l'émergence internationale du terme design dans le sens de disegno, c'est-à-dire, la conception et la mise en forme. Cette définition moderne se concrétise dans le travail effectué au Bauhaus.

Aussi, le design est fréquemment confondu avec le stylisme d'objet quand l'exercice consiste à embellir un objet dans l'objectif de séduire des consommateurs. D'ailleurs, en 1994, le ministre de la Culture français Jacques Toubon présente un projet de loi pour remplacer l'anglicisme design par stylique, provoquant l'incrédulité et les moqueries de la presse française, surtout Le Nouvel Observateur[réf.  nécessaire]. La loi Toubon sera fortement édulcorée dans son application, par le Conseil constitutionnel et cette disposition concernant le mot design, rendue caduque.

Sollicité par le marketing depuis les années 2000, ce mot est progressivement devenu un argument publicitaire. Design est devenu un adjectif qualificatif signifiant un style aux formes simples et une apparence épurée. ex : une lampe design. Il succède ainsi au style rustique des années 1990.

Des définitions multiples

selon le contexte

Il n'existe pas de définition unique du design. Son sens fluctue selon les époques, les cultures et les individus. C'est cette complexité qui le caractérise. En dehors des interprétations variées selon les cultures, le design peut se concevoir soit comme un art appliqué (exécution créative), soit comme une discipline autonome (dans la pratique et la théorie).

Pour les Anglo-Saxons, le design est davantage une conception, une idée, une intention ou un projet[réf.  nécessaire]. En français[réf.  nécessaire], c'est une recherche d'harmonie entre les formes et les fonctions de l'objet. En Italie et en Allemagne[réf.  nécessaire], le design revêt une importance plus nette puisque l'industrie et l'artisanat de qualité en ont fait leurs credo pour valoriser leurs productions.

selon une démarche

Dès le début de l'histoire du design, on remarque deux grandes visions (deux idéaux qui correspondent aux idéologies dominantes) qui s'opposent et se croisent tout au long du XXe siècle. On peut ainsi situer le design entre ces deux extrêmes :

- D'un côté, il y aurait un design d'auteur : privilégiant un travail à taille humaine, une proximité avec des artisans ou techniciens particulièrement qualifiés de différents métiers. Le savoir-faire (et par conséquent sa sauvegarde) a une grande importance. Les pièces réalisés en petites séries sont fréquemment particulièrement onéreuses, car le travail (savoir-faire) a un prix. La pièce finale n'aurait pas pu exister indépendamment de l'ouvrier. On peut le rapprocher du mouvement Arts & Crafts de William Morris. C'est un design qui est du côté de la réalisation et qui définit le citoyen davantage comme un travailleur[2].

- De l'autre, il y aurait un design industriel : agissant au sein d'une entreprise, ce design collectif se situe en amont du projet, c'est-à-dire dans la phase de conception. les produits sont tirés en grande série pour diminuer les coût initiaux des moules de fonderies, d'injections, de presses, etc. La quantité de matière et les procédés de fabrication sont optimisés pour aboutir à un produit au plus économique. Au moment de la production, un employé sans qualification est suffisant, pour diminuer là aussi les coûts. La pièce existe indépendamment des employés car ils sont interchangeables. C'est un design qui conçoit, qui projette. C'est un design qui est du côté de la conception et le citoyen se définit davantage comme un client.

Histoire

chaise Thonet no 14, 1859

Naissance du design

Dans un contexte d'une industrie émergente à partir de 1850, Michæl Thonet développe un procédé de fabrication révolutionnaire, le cintrage de bois laminé, courbé sous pression à vapeur. Sa chaise «nº 14» devient une référence, vendue à quarante millions d´exemplaires entre les années 1859 et 1914.

En 1888, Arts & Crafts naît de l'association du critique d'art John Ruskin et de l'écrivain, peintre, décorateur et théoricien William Morris. Morris et ses amis veulent créer des formes nouvelles en accord avec la fonction des objets et prônent paradoxalement le retour au Moyen Âge ainsi qu'aux formes inspirées par la nature. Ils souhaitent rapprocher le concepteur et le destinataire du produit par la mise en place d'ateliers car ils dénoncent le côté aliénant et inhumain de l'industrie. William Morris défend le bel ouvrage et le travail artisanal du compagnonnage et l'oppose au produit industriel de qualité médiocre. Quoique particulièrement contesté, William Morris apparaît toujours comme une figure fondatrice du design.

Dès 1902, Peter Behrens réalise le premier design industriel global pour ÆG : l'usine des turbines, des objets électriques, le logo, etc.

En 1911, Josef Hoffmann achève le palais Stoclet, fabuleuse villa urbaine conçue comme une œuvre d'art totale pour le compte d'un financier belge. (Charles Rennie Mackintosh et Frank Lloyd Wright, à la même époque, posent les bases des lignes épurées et simplifiées qui vont devenir le synonyme de «design», en construisant villas et mobilier pour la bourgeoisie américaine ou écossaise avide de nouveautés. [réf.  nécessaire])

Le fonctionnalisme

Le fonctionnalisme est une doctrine esthétique qui peut se résumer par la célèbre expression de Louis Sullivan, «la forme suit la fonction»[3]. Né à la fin du XIXe siècle, il génère l'école de Chicago, puis le Deutscher Werkbund, les Wiener Werkstätte mais aussi le Bauhaus. Pour Louis Sullivan, le fonctionnalisme est le résultat d'une observation et d'une compréhension des processus évolutionnistes de la nature. Chaque forme à une obligation, il n'y a pas de superflu dans la nature quoiqu'elle soit «séduisante».

Bien que le concept fonctionnaliste paraisse particulièrement simple, il y a eu énormément de divergence sur les interprétations et surtout sur la définition de la fonction. C'est ainsi que rationalistes («la fonction, c'est ce qui est utile») et expressionnistes («les émotions sont aussi une fonction») se revendiquent aussi fonctionnalistes.

Le fonctionnalisme domine le design moderne jusqu'à sa remise en cause par certains post-modernes à partir de 1968.

Le Bauhaus et les années 1920

En 1919, Walter Gropius, dans le Manifeste du Bauhaus, annonce l'objectif de ce mouvement en ces termes : «L'objectif final de toute activité plastique est la construction ! […] Architectes, sculpteurs, peintres ; nous devons tous revenir au travail artisanal, parce qu'il n'y a pas d'art professionnel. Il n'existe aucune différence principale entre l'artiste et l'artisan. […] Voulons, concevons et créons ensemble la nouvelle construction de l'avenir, qui embrassera tout en une seule forme : architecture, art plastique et peinture […]»[4] Le Bauhaus a été une formidable pépinière de talents et un extraordinaire outil de la promotion d'un modernisme «progressiste»[5] qui, contrairement au modernisme conservatif, n'hésite pas à mettre les mains dans le cambouis de la production de masse.

Voici, parmi les designers de premiers plans qui relèvent ou se réclament de ce mouvement moderniste, Ludwig Mies van der Rohe, Marianne Brandt, Marcel Breuer, Le Corbusier et Charlotte Perriand, le néerlandais Gerrit Rietveld, auteur d'une célébrissime chaise cubiste. Les régimes totalitaires (rappelons que l'un des premiers gestes des nazis une fois arrivés au pouvoir, est de fermer le Bauhaus) ne sont pas antithétique avec le design : Giuseppe Terragni pour l'Italie, Lazar Lissitzky et Alexandre Rodtchenko[6] pour la Russie, illustrent le versant «social» du design : offrir des beaux objets au plus grand nombre de consommateurs envisageables.

Plus au nord, la Scandinavie fait preuve d'un extraordinaire regain de créativité illustré par Alvar Aalto en Finlande et Bruno Mathsson ou Wilhelm Kage en Norvège.

Grande crise et années 1930

Avec les années 1930, la créativité et la théorisation du design traversent l'Atlantique. Raymond Lœwy écrit «la laideur se vend mal» et propose de donner une valeur esthétique et symbolique forte aux objets manufacturés pour relancer l'économie. Outre la Cadillac, la bouteille pour Coca-Cola, il dessine aussi le paquet de cigarettes des Lucky Strike et fait apparaître la marque déposée et le logo publicitaire sur les deux faces du paquet. La marque sera identifiable sur l'ensemble des paquets jetés dans la rue.

Lœwy n'est pas isolé, Walter Dorwin Teague, Wells Coates, Russel Wright ou Henry Dreyfuss représentent cette créativité américaine qui s'affirme ainsi qu'à laquelle l'industrie du pays offre de larges débouchés.

La foire internationale de New York ouvre ses portes en avril 1939 pour célébrer la confiance regagnée après des années de crise, les designers américains sont à l'honneur dans cette exposition universelle qui accueille - avec un sens du temps malheureux - «le monde de demain». Quand elle ferme ses portes la Seconde Guerre mondiale a éclaté et les efforts des designers pour rendre le monde légèrement plus beau, légèrement meilleur, sont relégués au second plan.

Après-guerre et design organique

La période selon-guerre que Penny Sparke[5] nomme le néomodernisme présente une large adoption par les designers des deux bords de l'Atlantique de formes fluides, rondes, souples et qui vaut au design d'être qualifié d'«organique».

Alvar Aalto instaure dans ses réalisations de mobilier le procédé du lamellé-collé de bois déjà utilisé dans l'architecture depuis le début du XXe siècle. Au niveau des matériaux, le tube d'acier, omniprésent dans le design des années 1930, se voit remplacé par les plastiques. De Scandinavie viennent aussi Arne Jacobsen et sa fameuse chaise Fourmi ou son fauteuil Œuf, Eero Saarinen et sa chaise Tulipe tandis que les formes complètement organiques du terminal TBWA de l'aéroport international John-F. -Kennedy (1956-1962) séduisent le public. Le céramiste et verrier Kaj Franck, l'ébéniste Hans Wegner, le touche-à-tout Tapio Wirkkala complètent la série de l'éclosion artistique scandinave.

Parmi les designers de cette époque phare - les fifties américaines battent leur plein - mentionnons les Américains Charles et Ray Eames ou George Nelson. Eliot Noyes, actif auprès d'IBM, donne une forme organique et sympathique aux machines à écrire produites pour la bureautique - on lui doit aussi le pavillon IBM lors de l'Expo 1964 à New York.

Les Italiens Gio Ponti, Carlo Molino, Marcello Nizzoli accompagnent le boom de l'industrie italienne de l'après-guerre et créent les icônes de La Dolce Vita : vespa, machine à expresso, belles carrosseries, etc. On doit à Flaminio Bertoni les lignes des Citroën depuis la Traction Avant en passant par la 2CV jusqu'à la DS.

En Allemagne, la tradition artistique issue du Bauhaus renaît avec la Hochschule für Gestaltung Ulm. Parmi les designers allemands de cette période, citons Hans Gugelot, Dieter Rams prend la direction artistique des produits Braun GmbH.

Au Royaume-Uni, Ernest Race crée un style «moderne», l'équivalent pour le design du New Look de Christian Dior, immédiatement repris dans toute l'Europe. Robin Day et sa femme Lucienne, nous ont laissé des textiles au style fifties immédiatement reconnaissables. Douglas Scott dessine le bus rouge à impériale, devenu depuis l'une des icônes anglaises.

Le Japon, autres puissances industrielles de cette époque, ne nous ont pas laissé de designer de premier plan mais le design, anonyme, produit par les équipes de sociétés comme Sony témoigne d'un fort professionnalisme dans ce pays.

Après-guerre du "Modernisme conservation"

Dans son ouvrage 100 ans de design[5], Penny Sparke crée cet oxymore à propos de ces grands artistes de l'entre-deux-guerres, certes producteurs de lignes épurées et adeptes du modernisme, mais qui ne sont pas, pas plus hier qu'aujourd'hui, reconnus comme des designers. Ce qui les rassemblent ? Ils créent des pièces uniques mariant des matériaux modernes et matières luxueuses respectant les traditions, pour une clientèle richissime.

Voici parmi ces modernistes conservatifs beaucoup célébrés lors de l'Exposition des Arts Décoratifs, les décorateurs-ensembliers français Jacques-Émile Ruhlmann et Jean Dunand, ce dernier en particulier célèbre pour ses laques, ou Eileen Gray, Anglaise active principalement à Paris. Ailleurs, l'Autrichien Josef Frank ou l'Américaine Sylvie Maugham font, dans leurs pays respectifs, envie aux classes moyennes qui voient dans les premiers magazines de décoration, leurs réalisations.

Cet exemple nous rappelle qu'il y a toujours eu une controverse sur la définition de designer, surtout en France. Dans un premier temps, parce que le terme n'est pas protégé, ce n'est ni un statut ni un métier officiellement reconnu par l'administration.

1960-80, autocritique du design et réinvention poétique

Entre 1961 et 1974, le mouvement anglais Archigram, mené entre autres par Peter Cook, développe une architecture sans fondation, purement théorique, et édite une revue d'architecture. Ses membres réagissent à l'ère de la consommation et développent un travail portant sur le pop art, les mass medias et l'électronique.

À la fin des années 1960, parallèlement au mouvement d'architecture radicale, l'antidesign, porté par les œuvres de Jœ Colombo, repense l'habitat à partir du design et contre les formes hiérarchiques de l'architecture. «La capsule insiste sur sa stupéfiante concordance avec l'émancipation disciplinaire du design à la fin des années 1960 lorsqu'il tente de se libérer de ces tutelles historiques pour s'imposer comme une discipline idoine de l'habitat. Cette position est surtout illustrée par l'œuvre de Jœ Colombo. Il invente les conditions d'une vie quotidienne moderne en correspondance avec le monde dans un rapport harmonieux espace-temps et invite ses pairs à repenser totalement l'habitat à partir du design.»[7]

L'agence italienne Archizoom, est fondée en 1966 à Florence en Italie par Andrea Branzi, Gilberto Corretti, Paolo Deganello, Massimo Morozzi, Dario Bartolini et Lucia Bartolini. Le groupe Superstudio est fondé en 1966 à Florence en Italie par Adolfo Natalini et Cristiano Toraldo di Francia. Natalini écrit en 1971 : «si le design est plutôt une incitation à consommer, alors nous devons rejeter le design ; si l'architecture sert plutôt à codifier le modèle bourgeois de société et de propriété, alors nous devons rejeter l'architecture ; si l'architecture et l'urbanisme sont plutôt la formalisation des divisions sociales injustes actuelles, alors nous devons rejeter l'urbanisation et ses villes… jusqu'à ce que tout acte de design ait pour but de rencontrer les besoins essentiels. D'ici là, le design doit disparaître. Nous pouvons vivre sans architecture.»

Le Groupe de memphis est fondé par Ettore Sottsass en 1980, le mouvement est une réaction au style international, marqué par une production humoristique et poétique.

Droog Design est découvert à la Foire Internationale du Meuble de Milan en 1993 dans l'exposition off de la Design Academy d'Eindhoven. Caractérisé par une impertinence, une approche critique et décalé, les productions font fréquemment figures de manifeste. C'est une fondation dirigée par l'historienne d'art Renny Ramakers et le designer Gijs Bakker, tous deux originaires des Pays-Bas. Droog Design se définit comme un label et regroupe des designers internationaux convergent sur cette même approche (Jan Konings, Jurgen Bey, Marcel Wanders, Tejo Remy, Piet Hein Eek... ) Ce mouvement est avant tout un pied de nez au design institutionnalisé, aux formes fluides et fonctionnelles. Ce groupe est particulièrement liés aux idées des années 1960-70, surtout le design radical. Le phénomène a véritablement ouvert une brèches dans les enjeux de la discipline et dans nos références culturelles.

Discipline et Sous-disciplines du design

Bien que le design soit par essence non-spécialisé et couvrant des domaines particulièrement variés, une tendance à la séparation en sous-disciplines s'est faite progressivement en raison :

Les séparations se font par :

Art appliqué ou Discipline

Le Design et ses relations

Le design et les beaux-arts

Le design a longtemps été défini, surtout par les académiciens, comme l'un des arts appliqués, mis au rang des arts mineurs, en raison d'une pratique asservie à quelque chose : au mobilier, à l'espace, à l'industrie, à une fonction, etc.

Les distinctions classiques entre l'art et le design sont toujours présentes. On oppose ainsi le design à l'art par l'utilité, il est au service d'une fonction. Le design est fréquemment pensé comme un processus de résolution de problème (usage, forme, technique, etc). Ainsi, le design se situerait dans la réponse alors que l'art serait dans le questionnement.

Comme art appliqué et dans le contexte de la modernité, le design est fréquemment associé aux intérêts mercantiles et au consumérisme.

Le design et l'architecture

Une station essence par Jean Prouvé au Vitra Design Museum.

La frontière peut paraitre floue entre design et architecture : Le Corbusier, Eero Saarinen n'ont pas dédaigné dessiner des meubles, Philippe Starck a dessiné plusieurs maisons et immeubles. En réalité, cette différence n'est pas dans la finalité typologique mais dans le processus de création.

Le design comme l'un des arts appliqués se définit comme une activité créative s'exerçant en aval d'un projet d'architecture pour concevoir l'aménagement de l'espace domestique. Les zones fonctionnelles sont prédéfinies par l'architecte : cuisine, salon, chambre, etc., et le designer s'adapte.

Le design comme discipline autonome (depuis 1968) consiste à penser le quotidien, à œuvrer pour un épanouissement de chacun, dans un mouvement crescendo de l'individu jusqu'aux formes urbaines.

Le design et la technique

Il y a deux plusieurs postures face à la technique. On retrouve d'ailleurs ces deux postures dans le monde de la musique avec Pierre Boulez pour le premier et Pierre Schæffer pour le second.

- La première consiste à dire que l'esthétique est dissocié de la technique, que ce sont deux domaines de compétences qui ne doivent pas s'influencer. L'esthétique ayant une prédominance sur l'autre. C'est de loin la plus pratiqué, pour des raisons historiques car dans cette perspective on considère que l'essence d'un projet se situe dans le concept. Ce qui donne pour conséquence, une non-légitimité aux designers de suivre un projet au delà des croquis qu'ils proposent. Et dans le même temps de la part de ceux-ci, on obtient des propositions naïves, irréalisables, car ignorant la question de la réalisation. Cependant, dans le cas d'auteur talentueux, on obtient des réalisations fréquemment exceptionnelles, qui n'auraient pas pu voir le jour autrement. Le budget indispensable est supérieur à la moyenne.

- pour la seconde, Le Design (originellement dénommé esthétique industrielle), est une discipline héritière de la pensée esthétique. En ce sens, elle contient nécessairement la question de la technique. Pour Simondon, la pensée esthétique réuni la pensée technique, celle qui fragmente et analyse et la pensée holistique, contemplative de la totalité. Elle prend la place de la pensée magique via la philosophie. En ce sens, la pensée esthétique (le design) est ce qui manifestent l'incomplétude de nos savoirs et l'insatisfaction des divisions.

Le design et l'industrie

Dans un premier temps il n'est pas envisageable de créer un objet ou un service qui ne soit pas réalisable dans une perspective industrielle[réf.  nécessaire]. Occasionnellement le designer peut réaliser lui même une partie de la conception technique des pièces qu'il dessine en relation avec le fabricant. Surtout le designer choisit ses matériaux (bien que n'allant pas obligatoirement dans le détail de la gamme d'acier par exemple), les techniques de fabrication qui permettront de réaliser la pièce, etc. Le designer dispose fréquemment d'une culture technique étendue qui lui sert à bien appréhender les spects fabrication.

Le design et l'ingénierie

Il est aussi assez courant de voir le designer participer avec les ingénieurs au cours de l'étude design. Cela permet par exemple de dimensionner complétement la pièce pour être certain que la forme soit fixée une fois pour toutes à la fin de l'étude. Quand l'objet inclut un mécanisme cela sert à bien intégrer le mécanisme dans l'objet. En webdesign le designer doit savoir ce qui est réalisable au moment de créer son interface. Quelquefois les designers peuvent réaliser une partie du code html de l'affichage. Dans les méthodes agiles la collaboration designer - développeur suit un processus itératif et impose aux deux protagonistes de travailler complétement ensemble.

Le design et l'innovation

Au-delà de cet aspect le design interagit avec la technique au cœur du processus d'innovation. Le design propose le plus souvent des innovations liées à l'usage qui peuvent déboucher sur de nouvelles recherches techniques. C'est essentiellement le cas du design prospectif qui vas permettre de donner à l'entreprise des visions sur les innovations envisageables de demain et des axes d'étude pour la R&D. A l'inverse, le design peut permettre de trouver des applications pour des technologies. Le sigle R&D : recherche et développement, peut être remplacé par RID  : Recherche, Innovation, Développement, dans les cas où il existe un réel travail double sur la technique et le concept.

Le design et le marketing

Le design entretient quelquefois des relations conflictuelles avec le marketing. On peut lier cela à une vision négative et caricaturale du marketing dans la culture globale ("c'est particulièrement marketing") ainsi qu'à des conflits d'intérêt au sein de l'entreprise. Le design et le marketing vont tous deux travailler sur les besoins client suivant des approches différentes. Quoique le design et le marketing puissent être reconnus comme des approches particulièrement complémentaires les uns peuvent avoir l'impression que les autres empiètent sur leurs plate-bandes. Il faut ajouter à cela que Philip Kotler, théoricien du marketing, prit l'initiative de classer le design comme un outil du marketing. Quoique Philip Kotler fut revenu sur ses propos ensuite (correspondance avec Brigitte Borja de Mozota, chercheur en design management) et ait corrigé cela, cette vision subsiste dans de nombreux manuels de marketing et attise les conflits et les incompréhensions en entreprise.

Le design se distingue du marketing par une approche avant tout emphatique du consommateur, préférant par exemple le terme utilisateur. Les designers appuient énormément sur le fait que le design considère avant tout le bien-être de l'utilisateur. Cela n'empêche pas qu'il existe des techniques de manipulation s'exprimant par le design, par exemple dans la conception des espaces vente. Suivant le plus souvent des approches empathiques, le design est une source de retour sur investissement et un levier économique de premier ordre et bien perçu, par sa proximité avec l'utilisateur.

Le designer va énormément s'appuyer sur une vision intuitive et empathique de l'utilisateur. Il développe cette vision par une veille, en allant à la rencontre de l'utilisateur lors d'interviews, etc. À l'issue de l'étude préliminaire le designer doit être capable de décrire un univers, un service, qui convienne à l'utilisateur.

Une étude de design peut être bien plus documentée qu'un étude marketing sur les aspects liés à la vision de l'utilisateur. Par contre, les études chiffrées du marketing restent une ressource exclusive qui peut être particulièrement utile au designer. Il est intéressant de les inclure en annexe dans le brief design.

Le design devient complémentaire du marketing quand il existe une réelle communication et une bonne compréhension entre les deux corps de métier.

Le design de marque

Le design de marque est une technique de marketing visant à créer et gérer l'identité d'une marque auprès des consommateurs par le biais de son design. En France les agences les plus connues dans ce domaine sont : Dragon Rouge, Carré Noir, Team Créatif, CB'A, Lonsdale ou encore Landor. Cette discipline provient principalement des pays anglo-saxons. Sir Richard Lonsdale fut le premier spécialiste en France a créer une agence portant le même nom en 1967.

Article détaillé : design de marque.

Le design et la théorie

«Le design est une activité liée à une pensée complexe ainsi qu'à une logique originale où la recherche esthétique s'associe aux stratégies industrielles et où la technologie n'est qu'une partie d'un vaste contexte symbolique. Les rapports entre l'art et le design sont bien plus complexes à mettre en principe, à cause de leur caractère spontané et discontinu. Il fut un temps où on considérait que l'art générait de nouveaux langages alors que le design les utilisait. Actuellement nous assistons au phénomène inverse...» Andrea Branzi

«Le designer est un inventeur de scénarios et stratégies, Ainsi, le projet doit s'exercer sur les territoires de l'imaginaire, créer de nouveaux récits, de nouvelles fictions, qui viendront augmenter l'épaisseur du réel» Andrea Branzi, La casa calda, Paris, Éditions de l'Équerre, 1985

«La fonction de destruction, la fonction de mort, sont principales et notre société l'a oublié. Il ne suffit pas de produire des objets qui servent, il faut produire des objets qui sachent mourir, pour rétablir l'ordre symbolique. Toute discipline ne s'accomplit que si elle se dessaisit de son objet et met en jeu sa propre mort. C'est dans cette voie que, paradoxalement, le design peut trouver le sens du symbolique.» Jean Baudrillard, extrait du texte le crépuscule des signes, Traverses, n°2, 1975.

«La mise en œuvre du matériau est conditionnée dans la technique par une longue tradition. C'est pourquoi la formation technique consiste le plus souvent en une transmission et une acceptation, de méthodes achevées de travail. Une telle formation ne libère pas la créativité, elle empêche l'invention.» Josef Albers

«On ne pourra bien dessiner le simple qu'après une étude approfondie du complexe.» Le Nouvel Esprit scientifique, Gaston Bachelard.

Formation

Article détaillé : Designer.

En France

En Belgique

En Suisse

En Suisse, la formation de designer s'acquiert par une formation universitaire de 3 ans (Bachelor), plus une année propédeutique. Des formations de niveau Master existent dans certains domaines.

Les différentes écoles sont :

Notes et références

  1. Shaftesbury, Lettre sur l'art et la science du dessin, 1712
  2. Art et Industrie, philosophie du Bauhaus, Pierre Damien Huygue, Ed. Circé
  3. En 1908, à Vienne, Adolf Loos publie Ornement et crime où il combat l'ornementation au profit de la lecture claire de la fonction dans la forme d'un bâtiment.
  4. Archive du Bauhaus, manifeste du Bauhaus
  5. Penny Sparke, 100 ans de design, Octopus, Paris, 2002.
  6. Connu comme photographe, il est néanmoins l'auteur du design de clubs ouvriers et du pavillon russe à l'exposition des arts décoratifs de Paris, en 1925.
  7. Alexandra Midal, Antidesign, Petite histoire de la capsule d'habitation en images, Éditions Epithème, 2003.

Voir aussi

Les musées et expositions

Les disciplines

Les designers célèbres

Liens externes

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